11.04.2010

Entre parenthèses

Ça y est, je pars pour 2 mois au Cameroun demain. Si au début je comptais continuer à poster ici pendant mon séjour mais finalement j'ai décidé que non. En fait, je me demande même si ce blog reprendra après mon retour.

Il ne m'apporte plus ce qu'il m'apportait, je n'ai plus autant envie d'écrire ici qu'avant, et je dois l'avouer, j'ai quelque peu l'impression de ne plus écrire pour personne depuis quelques temps. Rien n'est sur, rien n'est décidé, et j'avoue que l'idée d'abandonner cet endroit me peine. Donc nous verrons bien à mon retour.

Pour l'instant, je le met sur pause et je me concentre sur mon projet au Cameroun.

À bientôt tous, et bon début d'été. See you in june!

25.03.2010

Encre amère

Je disais que je lis beaucoup dernièrement. Comme si j'avais besoins de faire le plein de lecture. Car il est assez évident que j'aurai bien peu la chance de me poser tranquillement avec un bouquin une fois à Yaoundé.

Par pure curiosité, et aussi dans le but de connaître un peu mieux la région du monde où je m'en vais, mes lectures portent presque toutes sur l'Afrique (noire d'une part, et beaucoup sur le Maghreb aussi, par intérêt plus personnel).

J'espèrais avoir le temps de lire quelques livres camerounais avant mon départ. Finalement, je n'en aurai lu qu'un. Par mauvais calcul de temps, mais aussi parce que finalement ici, il n'est pas si facile que ça de trouver de la littérature africaine contemporaine, qui sorte quelque peu des circuits des prix littéraires.

J'ai quand même trouver un petit roman, très court, d'une auteure camerounaise, Calixthe Beyala: "L"homme qui m'offrait le ciel". (Bon je me rendrai compte plus tard que cette auteure est en réalité très connue et a même été récompensée du Grand Prix du roman de l’Académie française pour "Les Honneurs perdus".)

En allant en librairie, j'avais seulement le nom de l'auteure en tête, sachant qu'elle avait publié de nombreux romans. Je me suis dis que je choisirai parmis le choix disponible. Le choix fut vite fait: il n'y avait que celui-là de disponible. Je l'ai pris sans me poser plus de questions, d'autant que son petit format laissait présager une petite lecture légère et rapide.

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Elle est noire, africaine, célibataire et mère d'une ado rebelle. Il est blanc, occidental, marié sans enfants. Entre eux, un amour fou. Une rencontre improbable, elle qui se bat pour les déshérités, lui qui vit dans un monde de célébrités. Et pourtant ils vont s'aimer... 'L'Homme qui m'offrait le ciel' est le récit d'une passion absolue. Mais la passion peut-elle lutter contre les pressions sociales, le confort des habitudes et la peur de l'inconnu ?

Comme je disais, j'ai pris ce petit roman sans me poser plus de questions. C'est une fois terminé, et en allant me promener sur le web question d'en savoir un peu plus sur Calixthe Beyala que j'ai découvert qu'à sa publication en 2007, ce petit livre avait fait bien du bruit en France.

Car cette histoire d'amour serait en fait un déballage publique, une vengeance de la part de l'auteure. Cette histoire serait son histoire, la femme c'est elle. Et l'homme alors qui peut-ce être? Dans le roman, c'est François Ackerman, il est l’animateur de télé préféré des Français, le « gendre idéal », il reçoit des people chaque dimanche et souffre de la mort de son frère « âgé d’un an de plus que lui ». Il n'en fallait pas plus à la presse française pour relever des ressemblances frappantes avec... Michel Drucker! Et je l'avoue, l'idée m'avait traversé l'esprit au moment de la lecture, comme quoi les similitudes ne se veulent même pas subtiles.

Cette histoire d'amour d'une femme trahie est déjà triste, mais je la trouve d'autant plus triste si l'on considère qu'elle se base sur du vrai, sur du vécu. Et quand on connait les raisons profondes de sa fin.  Une belle histoire d'amour passionnée avec une fin plus qu'amère. Une lecture légère et rapide, qui m'a fait sourire par moment, car bien que l'histoire se passe à Paris, il est indéniable que son auteure est camerounaise (franco-camerounaise).

Pour les curieux, un article paru dans Jeune Afrique, par un ami de Beyala, à propos de la naissance de ce livre.

23.03.2010

Bazar

Avec le grand départ qui approche, ma vie qui était déjà pas mal instable, se transforme en véritable tourbillon. Plus que 3 semaines avant le voyage. Je ne pars "que" deux mois, mais des fois j'ai l'impression de m'exiler pour bien plus longtemps. Même mes déménagements en France ne m'ont pas à ce point occupés (probablement parce que cela se faisait toujours à la vitesse de l'éclair de façon totalement imprévue...).

Cela fait bientôt 8 mois que nous préparons ce voyage et pourtant j'ai l'impression que plus nous sommes prêts du départ, moins je suis prête. Pourtant nous avons été amplement formés, vaccinés, préparés etc. Mais il me reste une multitude de petites choses à mettre au point avant de pouvoir partir. Le genre de petites choses qu'on repousse sans cesse, mais maintenant que le jour J approche, on se demande sincèrement  pourquoi avoir attendu si longtemps. Cela va de l'ordre des choses basiques comme les vêtements adéquats à acheter, aux amis qu'on veut revoir et dont on veut profiter, à la paperasserie de type loyer, facture, carte bancaire et autres, les impôts à payer, aux médicaments qu'il faut commencer à prendre bientôt pour le palu, à la dernière ligne droite pour la campagne de financement.

Je m'éparpille un peu dans tous les sens en essayant d'optimiser le plus possible mon temps. Je fini bientôt mon contrat au centre communautaire et j'aurai tous les jours de libres les deux dernières semaines mais tout de même. Paradoxalement, je trouve plus de temps pour lire que jamais, et je sors tout le temps danser. En fait, chaque minute de mon temps libre est passé soit à lire, soit à danser. Pourquoi est-ce toujours quand nous sommes sur le point de partir que nous essayons le plus de profiter du lieu où nous nous trouvons, et non pas quand on a le temps... Le pire c'est que je reviens dans 2 mois. Ce n'est pas comme si je quittais pour de bon!

Pourtant, j'ai besoins que tout soit régler pour pouvoir profiter pleinement de cette expérience. En plus des choses plus techniques, cela implique aussi de faire le ménage des gens dans ma vie, de clarifier certaines relations, mettre fin à certaines querelles, s'assurer de la solidité d'autres relations. En mettre quelques unes sur pause, ou même carrément sur off. Ce n'est pas facile tous les jours mais j'ai besoins d'arriver en Afrique sereine, sans soucis, sans inquiétude quant aux choses laissées en l'air faute de temps ou de courage. Je crois que les 2 mois au Cameroun seront suffisamment éprouvants pour ne pas avoir besoins d'y ajouter un bagage personnel inutile. Je crois d'être aussi loin de mon contexte habituel me permettra aussi d'y voir clair dans le cadre de certaines de ces relations quant à mes vrais envies et besoins, mes vrais sentiments.

Et quand je n'en peux plus de faire des tours de montagnes russes émotionnelles, quand j'ai besoins d'une pause, alors je danse parce qu'il n'y a qu'en dansant que j'oublie tout le reste, et que je profite pleinement du moment présent!

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"Danser, c'est faire parler son âme, c'est exprimer sa légèreté, ses penchants, sa volonté de s'envoler, de partir à l'autre bout du monde, sa passion d'aimer, son besoin de s'accorder, ses hauts, ses bas, le rythme de son souffle, le rythme de son pas."

18.03.2010

Yasmina, Younes et moi

Il y a une dizaine de jours, j'ai acheté un peu sur un coup de tête "Ce que le jour doit à la nuit", le dernier roman de Yasmina Khadra.
Je l'ai commencé le jour-même, et l'avait terminé 5 jours plus tard, malgré les 435 pages. Et si j'avais pu (comprendre si j'avais eu plus de temps libre), je l'aurais certainement fini avant. C'est un roman merveilleux! J'avais du mal à le poser, je voulais toujours en savoir plus.

C'est l'histoire de Younes, un jeune algérien né de parents paysans dans l'Algérie des années 30. Son père ruiné, il sera confié à son oncle qui vit à l'européenne, à Oran. C'est l'histoire d'un homme tiraillé entre son amour d'enfance et son pays, un homme en quête d'identité dans une Algérie en pleine guerre d'indépendance. C'est un roman assez fataliste, mais profondément touchant.

Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de coeur! Je le recommande fortement! Cela fait bien 5 jours que j'ai fini le roman et j'y pense tous les jours. J'en suis encore toute chamboulée. Le plus bizarre c'est que je ne peux pas complètement expliqué pourquoi. Enfin si, une partie de cette histoire résonne chez moi comme si on me racontait ma vie en ce moment. Évidemment il faut faire la transposition du lieu et de l'époque, mais encore... c'était quelque peu prophétique tout ça. N'empêche que, même sans ce hasard, j'ai été complètement séduite et portée par l'histoire de Jonas (Younes).

De plus l'écriture est absolument magnifique. Il est de ces romans dont on a envie de noter toutes les phrases tellement elles sont pleines de beauté, de vérité. Parfois une seule phrase ressort du lot. D'autres fois aucune. Ici, ce sont plusieurs phrases qui m'ont profondément touchées. Des phrases que ne n'ai depuis cesse de retourner lire. Je les connais déjà par coeur. Elles sont entrées dans le palmarès de mes plus belles citations. Elles m'ont même redonner envie de recommencer un cahier de citations, comme j'en tenais un autrefois.
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Inutile d'en dire plus, il est évident que je suis complètement sous le charme. J'espère qu'il en sera de même pour vous. D'ici là, dans un dernier effort de vous convaincre, mais aussi pour le simple plaisir de partager les jolies choses, voici certaines de ces citations qui me hantent depuis quelques jours.

" Si tu veux faire de ta vie un maillon d'éternité et rester lucide jusque dans le coeur du délire, aime... Aime de toutes tes forces, aime comme si tu ne savais rien faire d'autre, aime à rendre jaloux les princes et les dieux... car c'est en l'amour que toute laideur se découvre une beauté "

" Le coucher de soleil, le printemps, le bleu de la mer, les étoiles de la nuit, toutes ces choses que nous disons captivantes n'ont de magie que lorsqu'elles gravitent autour d'une femme mon garçon... Car la Beauté, la vraie, l'unique, la beauté phare, la beauté absolue, c'est la femme. Le reste, tout le reste n'est qu'accessoires de charme. "

" Il est une vérité qui nous venge de toutes les autres: il y a une fin en toute chose, et aucun malheur n'est éternel. "

" L'homme n'est que maladresse et méprise, erreur de calcul et fausse manoeuvre, témérité inconsidérée et objet d'échec quand il croit avancer vers son destin en disqualifiant la femme... "

" Il n'y a ni honte ni crime en amour, sauf quand on le sacrifie, y compris pour les bonnes causes. "

" Celui qui passe à côté de la plus belle histoire de sa vie n'aura que l'âge de ses regrets, et tous les soupirs du monde ne sauraient bercer son âme "

16.03.2010

Départ programmé

Ça y est c'est officiel: je pars le 12 avril prochain pour Yaoundé!

Nous savions que notre mission était prévue pour mi-avril, mais nous ne connaissions pas encore la date exacte. Depuis ce week-end, plus de doute: départ programmé dans 28 jours!

J'ai tellement hâte! Et en même temps j'ai un peu peur. Ça devient soudainement autrement plus concret. Et je me demande comment j'aurais le temps de tout faire avant mon départ. J'ai l'impression d'avoir une montagne de choses à régler. Du très technique et pratique, au plus personnel et complexe. Du shopping à faire. Des médicaments à prendre. Des produits à acheter. Bref beaucoup de choses, peu de temps, et très très peu de ressources...

Je pensais peut-être prolonger mon temps de voyage, soit en passant par Paris ou le Maroc. Finalement, nous passons par Zurich, et je crois que tout compte fait, rentrer directement n'est peut-être pas une si mauvaise chose que cela.

En plus de nos dates de voyage (je rentre le 13 juin), la responsable des stages de l'organisme revient d'une mission au Cameroun et nous a ramené pas mal de photos de l'école où nous travaillerons, ainsi que des détails sur ce qui nous attends. Nous serons en famille, deux par familles. On nous organise pas mal de petits voyages dans des villages, pour assister à des cérémonies traditionnelles, du tourisme plus traditionnel, etc. On nous attends avec beaucoup de hâte et d'enthousiasme, et nous n'avons que plus hâte d'enfin arriver sur place et rencontrer tous ces gens qui oeuvrent depuis un moment pour que notre séjour soit des plus agréables et complets à tous les niveaux.

Voici un mini aperçu de ce qui nous attends là-bas!

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